Droit du travail suisse : contrat, licenciement, protection
Code des obligations, droits des employés et employeurs, procédures de licenciement et recours : tout ce qu'il faut savoir sur le droit du travail en Suisse.
Mise à jour · juin 2026
Enquête interne : ce que le travailleur peut exiger de voir
L'arrêt 4A_504/2025 du Tribunal fédéral : le droit d'accès vise les données qui identifient le travailleur, pas le rapport entier.
Mise à jour · octobre 2026
Licenciement pendant une maladie : le délai est suspendu, il n'est pas toujours nul
L'article 336c CO : 30, 90 ou 180 jours selon l'année de service. Un congé donné pendant la période protégée est nul. Un congé antérieur est suspendu.
> Contrat de travail et formation
En Suisse, le contrat de travail se forme dès qu'il y a accord sur les éléments essentiels : parties, fonction et salaire. La forme écrite n'est pas obligatoire mais fortement recommandée pour éviter tout litige ultérieur. L'employeur doit néanmoins remettre un document écrit mentionnant au minimum : noms des parties, date de début, fonction, salaire et durée de travail hebdomadaire.
Période d'essai : Durée maximale de 3 mois (1 mois si non mentionnée au contrat). Pendant cette période, le contrat peut être résilié par chacune des parties avec un délai de résiliation de 7 jours. Cette période permet aux deux parties de vérifier que la collaboration correspond à leurs attentes.
Types de contrats : Contrat à durée indéterminée (le plus courant), contrat à durée déterminée (qui prend fin automatiquement à la date convenue sans qu'une résiliation soit nécessaire), contrat temporaire (via une agence de placement avec rapport triangulaire). Le contrat à durée déterminée ne peut être résilié anticipativement que s'il contient une clause le permettant ou d'un commun accord.
Obligations principales : L'employé doit exécuter le travail convenu avec soin et fidélité, suivre les instructions de l'employeur, respecter le secret professionnel et l'interdiction de concurrence si prévue. L'employeur doit verser le salaire, protéger la santé du travailleur, respecter sa personnalité et lui permettre de prendre ses vacances légales.
> Salaire, temps de travail et vacances
Salaire : Pas de salaire minimum fédéral en Suisse, mais certains cantons (Genève, Neuchâtel, Jura, Bâle-Ville, Tessin) et conventions collectives en fixent un. Le 13ème salaire est usuel mais pas obligatoire sauf s'il est prévu au contrat ou par CCT. Les heures supplémentaires doivent être compensées par du temps libre équivalent majoré de 25%, ou payées avec la même majoration si un accord le prévoit.
Durée du travail : Maximum 45 heures par semaine pour les employés de bureau, technique et vente au détail. Maximum 50 heures pour les autres. Heures supplémentaires plafonnées annuellement : 170 heures (45h/semaine) et 140 heures (50h/semaine). Pauses obligatoires : 15 minutes si travail > 5h30, 30 minutes si > 7h, 1 heure si > 9h. Repos quotidien de 11 heures consécutives, repos hebdomadaire de 35 heures (généralement le dimanche).
Vacances : Minimum légal de 4 semaines par an (5 semaines jusqu'à 20 ans révolus). Les vacances doivent être prises en nature pendant le rapport de travail ; l'indemnisation n'est possible qu'à la fin des rapports. Report limité à l'année suivante en principe. L'employeur fixe les dates après consultation du travailleur, en tenant compte des besoins de l'entreprise et des souhaits du travailleur.
Jours fériés : Variables selon les cantons. Généralement 8 à 13 jours par an. Si le travailleur doit travailler un jour férié, il a droit à un supplément de salaire (généralement 50%) ou à un jour de compensation, selon les usages ou le contrat.
> Résiliation et licenciement
Délais de congé légaux : Après la période d'essai : 1 mois pour la fin d'un mois durant la première année de service, 2 mois durant la 2ème à la 9ème année, 3 mois dès la 10ème année. Le contrat ou la CCT peut prévoir des délais plus longs. La résiliation doit être donnée par écrit (forme écrite obligatoire pour l'employeur dans certains cas).
Résiliation immédiate : Possible uniquement pour justes motifs graves rendant la continuation du rapport de travail immédiatement insupportable : vol, violation grave du secret, refus persistant de travailler, harcèlement. La partie qui résilie immédiatement doit pouvoir prouver les justes motifs. En cas de résiliation immédiate injustifiée, l'autre partie a droit à une indemnité équivalant à ce qu'elle aurait gagné si le contrat avait pris fin au terme du délai de congé ordinaire.
Licenciement abusif : Interdit de licencier pour des motifs discriminatoires (sexe, âge, origine, religion, opinions politiques, orientation sexuelle), pendant l'exercice de droits constitutionnels (droit de vote, service militaire), ou par représailles (après dénonciation d'irrégularités). Le licenciement abusif n'est pas nul mais donne droit à une indemnité pouvant atteindre 6 mois de salaire.
Protection spéciale : Licenciement nul pendant : grossesse et 16 semaines après l'accouchement, maladie ou accident (30 jours la 1ère année de service, progressivement jusqu'à 180 jours dès la 6ème année), service militaire/civil/protection civile et 4 semaines après, aide humanitaire à l'étranger (délégation de la Confédération) et durée variable après selon ancienneté.
> Protection du travailleur et recours
Égalité et non-discrimination : La Loi sur l'égalité (LEg) interdit toute discrimination directe ou indirecte fondée sur le sexe, notamment en matière de salaire (principe « à travail égal, salaire égal »). L'employeur doit garantir l'égalité de traitement entre hommes et femmes et prévenir le harcèlement sexuel. Entreprises de plus de 100 employés : obligation d'effectuer une analyse de l'égalité salariale tous les 4 ans.
Protection de la personnalité : L'employeur doit protéger et respecter la personnalité du travailleur dans les rapports de travail, sa santé et sa moralité. Interdiction du harcèlement psychologique (mobbing), du harcèlement sexuel et de toute atteinte à la dignité. L'employeur doit prendre des mesures de prévention et intervenir rapidement en cas de plainte.
Voies de droit : En cas de litige, procédure : 1) Tentative de résolution amiable avec l'employeur, 2) Saisine de l'autorité de conciliation (tentative obligatoire dans la plupart des cantons), 3) Saisine du tribunal des prud'hommes ou tribunal civil avec autorisation de procéder. Procédure simplifiée pour les litiges jusqu'à CHF 30'000 dans la plupart des cantons. Première instance généralement gratuite ou peu coûteuse.
Délais de prescription : Prétentions en paiement de salaire : 5 ans. Autres prétentions découlant du contrat de travail : 10 ans. Il est crucial d'agir rapidement en cas de litige pour préserver ses droits et rassembler les preuves nécessaires.
> Maladie, accident et assurances sociales
Paiement du salaire en cas de maladie : En l'absence d'assurance indemnités journalières maladie (IJM), l'employeur doit verser le salaire selon l'échelle bernoise (art. 324a CO) : 1ère année de service : 3 semaines à 100%, 2ème année : 1 mois, 3ème-4ème année : 2 mois, 5ème-9ème année : 3 mois, 10ème-14ème année : 4 mois, dès 15 ans : 5-6 mois. Ces durées s'appliquent par année de service et pour une même cause. Plusieurs maladies distinctes donnent droit à de nouvelles périodes.
Assurance indemnités journalières (IJM) : Si l'employeur a souscrit une IJM collective, celle-ci verse généralement 80% du salaire pendant 720 jours sur 900 jours consécutifs (selon contrat). Le contrat peut prévoir un délai d'attente de 2 à 30 jours. L'employeur doit informer le travailleur de l'existence et des conditions de cette assurance. En cas d'IJM, l'obligation légale de paiement du salaire est suspendue, mais l'employeur complète souvent la différence pour atteindre 100%.
Assurance-accidents (LAA) : Obligatoire pour tous les employés dès 8h/semaine. L'employeur paie l'assurance accidents professionnels (AAP), le travailleur paie l'assurance accidents non professionnels (AANP) par déduction salariale. Prestations LAA : soins médicaux, indemnités journalières (80% du salaire assuré dès le 3ème jour), rente d'invalidité si incapacité permanente, rente de survivants en cas de décès. La LAA prime sur l'obligation de paiement du salaire en cas d'accident.
Maternité et paternité : Congé maternité : 14 semaines (98 jours) avec allocation de maternité de 80% du salaire (max. CHF 220/jour) payée par les allocations pour perte de gain (APG). La protection contre le licenciement s'étend jusqu'à 16 semaines après l'accouchement. Congé paternité : 10 jours (2 semaines) à prendre dans les 6 mois suivant la naissance, indemnisés à 80% par les APG. Certaines CCT ou employeurs prévoient des conditions plus favorables.
Service militaire et protection civile : Le travailleur en service militaire, civil ou de protection civile reçoit une allocation pour perte de gain (APG) de 80% du salaire (max. CHF 220/jour pour service militaire, CHF 275/jour pour service civil). L'employeur n'a aucune obligation de verser le salaire, sauf disposition contractuelle ou CCT contraire. Protection contre le licenciement pendant le service et durant 4 semaines après. Le temps de service compte pour l'ancienneté.
> Clauses particulières du contrat
Clause de non-concurrence : Valable uniquement si prévue par écrit, limitée dans le temps (max. 3 ans en principe, parfois acceptée jusqu'à 5 ans pour cadres supérieurs), limitée géographiquement et par secteur d'activité, et si le travailleur a accès à la clientèle ou à des secrets d'affaires. Le juge peut réduire ou supprimer une clause disproportionnée. Violation : dommages-intérêts jusqu'au montant convenu (max. salaire annuel) et/ou injonction de cesser l'activité concurrente.
Secret professionnel et confidentialité : Obligation légale du travailleur de garder le secret sur les faits confidentiels dont il a connaissance (art. 321a CO) : secrets de fabrication, procédés, clientèle, données commerciales. Cette obligation subsiste après la fin du contrat. Violation du secret : licenciement immédiat possible, dommages-intérêts, voire sanctions pénales selon la nature du secret (secret d'affaires, données personnelles sensibles).
Interdiction de travailler pour un tiers : Le travailleur ne peut exercer une activité rémunérée pour un tiers sans l'accord de l'employeur si cette activité viole son devoir de fidélité ou porte atteinte à son aptitude à effectuer son travail (art. 321a CO). Activité accessoire non concurrente : généralement acceptée si elle n'entrave pas l'exécution du contrat principal. Cumul d'emplois : possible mais durées maximales de travail doivent être respectées globalement.
Clause de formation et de restitution : Si l'employeur finance une formation coûteuse, il peut prévoir une clause de restitution en cas de départ anticipé. Conditions : formation substantielle (valeur et durée significatives), clause proportionnée et dégressive dans le temps. Exemple : formation de CHF 20'000 avec engagement de rester 3 ans, dégressif de 1/36ème par mois. Le juge peut réduire le montant si disproportionné ou en cas de licenciement par l'employeur.
Clauses abusives et nullité : Sont nulles les clauses contraires aux dispositions impératives du CO ou excessivement restrictives : renonciation d'avance aux droits découlant de dispositions impératives, clauses pénales excessives, clauses de non-concurrence disproportionnées. Le reste du contrat demeure valable. En cas de doute sur l'interprétation d'une clause, elle est interprétée en faveur du travailleur (principe de faveur).
> Conventions collectives de travail (CCT)
Nature et application des CCT : Une CCT est un accord entre organisations patronales et syndicats fixant des conditions de travail plus favorables que la loi : salaires minimaux, durées de travail réduites, vacances supplémentaires, indemnités de déplacement, classifications professionnelles. Les CCT s'appliquent aux membres des organisations signataires. Les CCT déclarées de force obligatoire s'imposent à toutes les entreprises et travailleurs du secteur concerné dans une région donnée.
Secteurs couverts par CCT : Construction (CCT du bâtiment et du génie civil), hôtellerie-restauration (CCT Gastrosuisse), commerce de détail, industrie MEM (machines, équipements électriques, métallurgie), banques, santé (hôpitaux, EMS), transports publics, nettoyage. Consulter les sites des associations professionnelles ou le Secrétariat d'État à l'économie (SECO) pour vérifier l'existence d'une CCT applicable à votre secteur.
Contenu typique d'une CCT : Salaires minimaux par catégorie professionnelle et ancienneté, 13ème salaire obligatoire (souvent 13,5 ou 14 mois), vacances étendues (5 semaines standard), heures supplémentaires avec majoration de 25% ou 50%, indemnités de repas et déplacements, primes d'ancienneté, formation continue, délais de congé allongés (jusqu'à 6 mois), cotisations à une caisse de prévoyance, commissions paritaires de surveillance et d'arbitrage.
Contrôle et sanctions : Les commissions paritaires professionnelles (CPP) contrôlent l'application des CCT. En cas de violation (sous-enchère salariale, non-respect des conditions), sanctions possibles : amendes contractuelles, exclusion de marchés publics, dénonciation aux autorités. Le travailleur peut exiger l'application de la CCT devant le tribunal. Les dispositions de la CCT prévalent sur le contrat individuel si elles sont plus favorables au travailleur.
> Quand consulter un avocat ?
Situations nécessitant un conseil juridique : Licenciement abusif ou discriminatoire, licenciement immédiat contesté, harcèlement moral ou sexuel documenté, non-paiement du salaire ou des heures supplémentaires, contestation de la validité d'une clause de non-concurrence, litige sur le calcul d'indemnités de départ, accident du travail avec contestation de responsabilité, discrimination salariale fondée sur le sexe (LEg), modification unilatérale substantielle du contrat, conflit sur l'application d'une CCT.
Protection juridique : De nombreuses assurances ménage incluent une protection juridique couvrant les litiges de droit du travail. Vérifiez votre police d'assurance avant d'engager un avocat. Les syndicats offrent souvent un conseil juridique gratuit ou à prix réduit à leurs membres, ainsi qu'une représentation en cas de litige. Certains cantons proposent des consultations juridiques gratuites ou à prix modique pour les personnes à revenus modestes.
Ressources officielles : Secrétariat d'État à l'économie (SECO) : informations sur le droit du travail, CCT, inspections du travail. Offices cantonaux de l'emploi et du travail : médiation, renseignements sur les CCT applicables. Commissions de conciliation cantonales : tentative obligatoire de conciliation avant toute action en justice. Syndicats et associations professionnelles : conseil, information, représentation. Consultez www.admin.ch et www.seco.admin.ch pour les textes légaux et directives officielles.
Agir rapidement : Les délais de droit du travail sont courts et impératifs : 30 jours pour contester un licenciement abusif, 30 jours pour contester une résiliation en temps inopportun, 30 jours pour saisir l'autorité de conciliation après un congé. Ne laissez pas passer ces délais, car vous perdriez définitivement vos droits. Documentez systématiquement tous les événements (courriers, emails, témoins) et conservez tous les documents (contrat, bulletins de salaire, certificats médicaux, correspondances).
FAQ
Q: Mon employeur peut-il réduire mon salaire unilatéralement ?
R: Non. Une réduction de salaire constitue une modification substantielle du contrat de travail qui nécessite votre accord. Sans votre consentement, l'employeur doit résilier le contrat selon les délais légaux et vous proposer un nouveau contrat avec le salaire réduit. Vous êtes libre de refuser.
Q: Ai-je droit au chômage si je démissionne ?
R: Oui, mais vous subirez un délai d'attente (suspension) de 1 à 30 jours selon les circonstances. Pour éviter cette sanction, vous devez justifier de justes motifs : harcèlement, non-paiement du salaire, atteinte grave à la santé, déménagement du conjoint dans un autre canton. Documentez bien votre situation avant de démissionner.
Q: Que faire si je suis victime de harcèlement au travail ?
R: 1) Documentez tous les incidents avec dates, heures, témoins et preuves. 2) Informez par écrit votre supérieur hiérarchique ou les ressources humaines. 3) L'employeur a l'obligation légale d'enquêter et de prendre des mesures de protection. 4) Si inaction, contactez l'inspection du travail ou saisissez le tribunal en invoquant la violation de l'obligation de protéger votre personnalité.
Q: Combien de temps ai-je droit au salaire en cas de maladie ?
R: L'employeur doit verser le salaire selon l'échelle bernoise : 3 semaines à 100% la 1ère année de service, puis progressivement jusqu'à 6 mois après 15-20 ans de service. Si l'employeur a souscrit une assurance indemnités journalières maladie (IJM), celle-ci verse généralement 80% du salaire pendant 720 jours sur 900 jours consécutifs.
Q: Mon employeur peut-il m'obliger à travailler le dimanche ?
R: En principe non. Le travail dominical est interdit sauf pour certaines activités (hôtellerie, restauration, santé, transports, commerce de détail dans les gares et aéroports) et nécessite une autorisation cantonale. Si votre contrat prévoit du travail dominical autorisé, vous avez droit à un repos compensatoire ou à un supplément de salaire (généralement 50%) selon les usages ou la CCT.
Q: Puis-je refuser d'exécuter un ordre de mon employeur ?
R: Oui, si l'ordre est illégal, dangereux, ou contraire à vos obligations contractuelles. Vous ne pouvez être contraint d'effectuer un travail dangereux sans protection adéquate, une activité illicite, ou une tâche totalement étrangère à votre fonction. En cas de doute, demandez des précisions écrites et consultez rapidement un avocat ou votre syndicat.
Q: La clause de non-concurrence dans mon contrat est-elle valable ?
R: Elle est valable si : elle est écrite, limitée dans le temps (max. 3 ans, parfois jusqu'à 5 ans pour cadres), limitée géographiquement et par secteur, et justifiée par votre accès à la clientèle ou aux secrets d'affaires. Le juge peut la réduire ou l'annuler si elle est disproportionnée. Vous pouvez demander une révision judiciaire si elle entrave excessivement votre avenir professionnel.
Q: Mon employeur peut-il me surveiller par caméra ou lire mes emails ?
R: Surveillance vidéo : autorisée uniquement pour des motifs légitimes (sécurité, protection des biens), les travailleurs doivent être informés, et la surveillance constante des postes de travail est interdite. Emails : l'employeur peut consulter les emails professionnels si une politique claire l'autorise, mais doit respecter la sphère privée. Emails personnels : protégés. Toute surveillance doit être proportionnée et transparente (art. 26 OLT 3, LPD).
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Avertissement juridique :
Ce guide fournit des informations générales sur le droit du travail suisse et ne constitue pas un conseil juridique personnalisé. Les conventions collectives de travail (CCT) peuvent prévoir des dispositions plus favorables dans certains secteurs. Pour une analyse précise de votre situation, nous recommandons de consulter un avocat spécialisé en droit du travail. Utilisez notre assistant IA pour une première orientation ou trouvez un professionnel qualifié via notre service.